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Speculative design et design sprint, des méthodes éprouvées

Publié le

Interview de Julien Tauvel, président du studio de création et de prospective Imprudence.


MEE : Qu’est-ce qu’Imprudence ?

Julien Tauvel : Imprudence est un collectif de création et de prospective organisé autour de plusieurs créateurs qui viennent de divers horizons et secteurs. Nous valorisons la transversalité et la pluridisciplinarité de l’approche d’innovation. Aujourd’hui, une marque, un média, une institution, un lieu : tout le monde essaie de faire de l’innovation. Notre rôle est de montrer à tous ces acteurs quel pourrait être leur futur, de les faire tester, prototyper.

Nous ne sommes pas des gourous comme certains cabinets de conseil en innovation, nous rassemblons des artistes qui viennent du jeu vidéo, de la calligraphie, du lieu connecté, du design, et on les fait intervenir sur un thème particulier : par exemple, l’avenir de la beauté pour des entreprises de cosmétiques. Nous travaillons sur ce qui est à la marge et radical.


MEE : Dans le cadre d’un programme de formation executive sur-mesure à destination de managers d’un grand groupe média, vous proposez un module allant dans ce sens …

J.T. : Oui, il y a deux piliers à ce module : un atelier de Design Fiction et un atelier d’immersion-expérimentation. Ces ateliers permettent de se rendre compte que le futur est déjà là et de voir ce qu’il nous réserve.

L’immersion-expérimentation permet de commencer à tester des technologies comme la réalité augmentée, la réalité virtuelle ou le drone. C’est important que ces managers voient ce que les nouveaux supports et technologies peuvent apporter en termes de création de services ou de produits.

L’autre atelier est celui de Design Fiction ou plus précisément de Speculative Design. Ce concept est né en Angleterre en 2011 et permet de travailler sur des scénarios prospectifs avec les collaborateurs. Sur le thème de l’avenir de l’industrie de la beauté, par exemple, nous allons imaginer et construire une fiction, comme un récit, comme un scénario.

Nous poussons nos participants à réfléchir à la course au progrès et à être critiques sur les évolutions sociologiques, démographiques, économiques, éthiques, contenues dans les futurs objets, services et lieux. Le lien avec la transformation digitale se trouve dans le fait de comprendre comment les choses vont évoluer.

On connaît par exemple l’histoire des hackers qui ont déterminé l’évolution des cours de bourses par l’observation sur Twitter des livraisons de pizzas dans le quartier de la City. Ce type de façon de réfléchir, de regard différent, va permettre aux participants à cet atelier de prendre de l’avance parce qu’ils réfléchiront différemment, plus vite, et sur plusieurs plans en même temps.

Le principe du Speculative Design, finalement, c’est de se dire : « Et s’il se passait cela ? »

 

MEE : Et le design sprint ?

J.T. : Cela part du Design thinking, conceptualisé par Ideo. Comment résoudre un problème de la manière la plus rapide possible tout en privilégiant l’expérience utilisateur ? Pour designer un fauteuil roulant, par exemple, je vais m’immerger pendant des semaines dans la situation de handicap qui nécessitera ce fauteuil.

Ensuite se rassemblent des designers avec des sociologues, dans une salle. Puis ils itèrent, émettent des idées, les corrigent, reviennent dessus, les testent, les critiquent, etc. C’est un peu le solutionnisme de la Silicon Valley appliqué à des champs qui sortent de la seule technologie.

Le Design Sprint est très utilisé chez Google, qui, à partir du Design thinking, a repris cette méthode intéressante. Ils se sont dit : « nous allons l’appliquer à nos produits, services et projets. Sauf que nous allons la raccourcir sur cinq jours. » D’où le « sprint ». Il s’agit de partir d’une idée pour créer un produit jusqu’au prototypage et au test utilisateur. L’important, c’est qu’il y ait toujours plusieurs types de compétences dans la même pièce.

Pour imaginer des produits ou services utiles, il faut se poser beaucoup de questions. Le Design Sprint permet de se poser rapidement ces questions.


MEE : Quels sont les retours ?

J.T. : Ils sont excellents. Même des marques très peu habituées à ce type de production, plus dans l’artisanat, aiment beaucoup la capacité que l’on a de leur monter quelque chose de concret en cinq jours. Ce qui plaît dans le côté spéculatif, c’est la fiction. Cette capacité à imaginer permet à n’importe quel collaborateur, quel que soit son niveau hiérarchique dans l’entreprise, de montrer qu’il peut être un acteur d’innovation dans son domaine.

C’est pourquoi nous nous attendons à un retour positif de la part des participants à ce module en septembre.

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